Au petit matin un bruissement a dit que nous
allions embarquer, toi seulement et moi, et qu'aucune âme
au monde jamais ne saurait rien de notre pèlerinage sans
fin ni but.
Sur cet océan sans rivages, à ton muet sourire attentif,
mes chants s'enfleraient en mélodies, libres comme les vagues,
libre de l'entrave des paroles.
N'est-il pas temps encore? Que reste-t-il à faire ici? Vois
le soir est descendu sur la plage et dans la défaillante
lumière l'oiseau de mer revole vers son nid.
N'est-il pas temps de lever l'ancre? Que notre barque avec la dernière
lueur du couchant s'évanouisse enfin dans la nuit.
Poème 42- L'Offrande lyrique, Rabin Tagore.
Le même fleuve de vie qui court à
travers mes veines nuit et jour court à travers le monde
et danse en pulsations rythmées.
C'est cette même vie qui pousse à travers la poudre
de la terre sa joie en innombrables brins d'herbe, et éclate
en fougueuses vagues de feuilles et de fleurs.
C'est cette même vie que balancent flux et reflux dans l'océan-berceau
de la naissance et de la mort.
Je sens mes membres glorifiés au toucher de cette vie universelle.
Je m'orgueillis, car le grand battement de la vie des âges,
c'est dans mon sang qu'il danse en ce moment.
Poème 69 - L'Offrande lyrique, Rabin Tagore.
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