Au pays des extrêmes : L’Inde, un enrichissement culturel autant que personnel

La fin des études est une période charnière, où nous n’avons pas encore d’engagement professionnel, ni de contraintes familiales. C’est le moment idéal pour prendre son sac à dos et aller à la découverte d’un autre pays, d’une autre culture.

Et nous voilà donc parti en Inde pour 6 mois avec ma cousine Nathalie qui est infirmière. Nous y avons rejoint le père Ceyrac s.j., qui nous a fait découvrir ce pays fabuleux à travers les nombreux projets humanitaires qu’il mène (1).

A travers une ferme humanitaire, nous découvrons les banques de micro-crédits, l’épargne par l’employeur, de petits concepts qui permettent de faire vivre de nombreuses familles. Autour de cette ferme, nous faisons connaissance avec l’Inde pauvre des campagnes, les petits villages reculés où quelques m2 constituent l’unique pièce des maisons. Les villageois gagnent peu d’argent, juste de quoi nourrir leur famille, mais ils sont toujours prêts à vous offrir un thé et des gâteaux, ce qui représente 1/6ème de leur salaire quotidien !!!

Nous avons ensuite eu un aperçu de l’Inde touristique. Nous passions nos journées à négocier les prix, et ils sont durs en affaires, surtout si vous êtes blancs. Nous avons traversé des paysages magnifiques, et fait de multiples rencontres. Dans ce pays, toutes les religions, tous les milieux sociaux se côtoient. Ils sont très tolérants, acceptant que chacun ait ses propres valeurs sans les dénigrer. L’Inde est vraiment le pays des extrêmes, avec ses bidonvilles, et ses ingénieurs en informatique demandés dans le monde entier.

Nous nous sommes ensuite investies dans un centre de 120 enfants, siège de l’association Anbukarangal qui s’occupe de plus de 30 000 enfants. J’ai initié les 3 secrétaires-comptables de l’asso-ciation à l’informatique. Elles gèrent un budget de plus de 100 000 Euro, somme provenant des dons de l’association du père Ceyrac(2). L’association ASMAE(3) met aussi en place des projets afin de développer l’action d’Anbukarangal. A leur demande, je leur ai remis un rapport d’Audit sur l’organisation de l’association, donnant mon avis sur la planification de l’informatisation des comptes afin de lancer des projets à long terme dessus.

Nous reprenons ensuite notre tourisme. Du nord au sud, d’une ville à l’autre, nous allons de découverte en découverte. Nous visitons le fameux mausolé du Taj Mahal, mais aussi d’autres monuments religieux (mosquées, temples jaïns et hindous, stuppas bouddhistes), des palais de Maharadja, des forts, des villes fortifiées, sans oublier Bénarès, la fameuse ville sainte hindoue, et non loin de là, la ville où Bouddha fit son premier sermon. Tout un périple touristique où nous approfondissons notre culture religieuse et l’histoire de l’Inde, où nous favorisons les rencontres…

Il y a tant de choses à dire sur un si long voyage, tout ce que j’y ai découvert, mais aussi tout ce que j’en ai retiré. Je réalise la chance que nous avons de vivre dans notre confort matérialiste occidental, mais celui-ci ne doit pas nous freiner dans notre liberté et notre générosité.

J’en retiens aussi qu’il est important de rester tourné vers les autres, de prendre le temps d’écouter, de comprendre les besoins de chacun, de savoir accepter et recevoir des autres. Je terminerais par deux citations que le père Ceyrac aime beaucoup : “ Tout ce qui n’est pas donné est perdu ”, “ On ne passe qu’une fois le chemin de la vie ”.

Claire de La Borderie, le 11 Octobre 2001

 

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